Le Coût Invisible : trouver sa propre Direction Artistique - BOLD'AS ®

Le Coût Invisible : trouver sa propre Direction Artistique

Le coût invisible : trouver sa propre direction artistique


Lorsqu’on parle de création de mode, on parle souvent du vêtement final : une silhouette, une collection, une campagne, une image.


On parle beaucoup moins de tout ce qui précède.


Avant qu’une marque indépendante puisse être immédiatement reconnaissable, son créateur doit souvent passer par une période de recherche longue et coûteuse : trouver sa propre direction artistique.


Partir d’une page blanche


Lorsqu’un créateur indépendant lance une marque, il ne dispose pas nécessairement d’un langage visuel déjà établi.


Il doit le construire.


Quelle silhouette deviendra sa signature ?


Quelles matières ?


Quelles proportions ?


Quelle palette ?


Quelle photographie ?


Quel ton ?


Quelle clientèle ?


Quel univers ?


Quels détails permettront de reconnaître la marque sans même voir son nom ?


Ce travail ne consiste pas simplement à « avoir des idées ».


Il s’agit de faire des choix, de tester, d’éliminer, de recommencer et de comprendre progressivement ce qui constitue réellement l’identité de la marque.


Et cette recherche peut prendre des années.


Pendant ce temps, le créateur peut déjà investir dans des prototypes, des matières, des productions, des shootings, un site internet, du contenu et de la communication, alors même que son identité commerciale continue d’évoluer.


C’est un coût invisible.


Il n’apparaît pas nécessairement sur une facture, mais il représente une quantité considérable de temps, d’énergie et de ressources.


Lorsqu’une histoire existe déjà, le point de départ est différent


Lorsqu’un directeur artistique rejoint une marque qui possède déjà une histoire, des archives, des codes esthétiques, une clientèle, une réputation et une infrastructure, il ne commence pas dans le même environnement qu’un créateur qui lance sa propre marque.


Son rôle peut être extrêmement créatif.


Il peut renouveler les silhouettes, modifier les codes, proposer une nouvelle vision et parfois transformer profondément l’image de la marque.


Mais il dispose déjà d’un territoire sur lequel travailler.


L’histoire existe.


Le nom existe.


Les archives existent.


Les codes existent.


La clientèle existe.


Les équipes et les infrastructures existent déjà, selon la structure.


Et la marque dispose généralement de ressources permettant de mettre en œuvre cette direction artistique.


Cela ne retire rien au travail du directeur artistique.


Mais il est important de reconnaître que la création artistique ne s’exerce pas dans les mêmes conditions lorsque le terrain est déjà construit.


Le créateur indépendant doit construire le terrain avant de pouvoir l’exploiter


C’est l’une des différences les plus importantes.


Le créateur indépendant ne doit pas seulement créer une collection.


Il doit souvent construire simultanément :


le produit + l’identité + le positionnement + le marché + la clientèle + la distribution + le modèle économique.


C’est une accumulation de fonctions que l’on ne voit pas nécessairement lorsqu’on regarde uniquement le vêtement terminé.


Deux personnes peuvent donc travailler sur une collection et avoir toutes les deux un véritable travail créatif.


Mais leurs points de départ peuvent être radicalement différents.


L’une peut travailler à partir d’une histoire construite depuis plusieurs décennies, avec des archives, une équipe, une clientèle et une infrastructure existante.


L’autre peut être seule devant une page blanche, avec son propre temps, ses propres ressources et une marque dont personne ne connaît encore le nom.


Le travail n’est pas nécessairement comparable parce que le point de départ ne l’est pas.


La page blanche a un prix


On parle beaucoup du prix d’une matière, du coût de fabrication ou du prix de vente.


On parle beaucoup moins du prix de la page blanche.


Pour un créateur indépendant, trouver son identité peut représenter des mois ou des années d’expérimentation.


Certaines idées seront abandonnées.


Certains prototypes ne seront jamais commercialisés.


Certaines collections arriveront trop tôt.


D’autres ne trouveront pas immédiatement leur clientèle.


Pourtant, tout ce travail participe à la construction de la marque.


C’est aussi pour cette raison que deux vêtements vendus au même prix ne représentent pas nécessairement le même parcours de création.


Le prix d’un produit ne raconte pas tout ce qui s’est passé avant sa mise en vente.


Une marque n’est pas seulement un vêtement


Dire qu’une personne « possède une marque de vêtements » ne permet donc pas de comprendre tout ce qu’il y a derrière.


Il faut regarder ce qu’elle crée réellement.


Ce qu’elle doit construire elle-même.


Ce qu’elle finance.


Les ressources dont elle dispose déjà.


Et surtout, quel risque elle porte.


Une personne qui sélectionne et revend des vêtements exerce un véritable travail commercial.


Un directeur artistique exerce un véritable travail créatif et stratégique.


Un créateur indépendant peut, lui, devoir cumuler ces fonctions avec la conception du produit, le développement, la production, le marketing et la vente.


Ces modèles peuvent tous exister dans la mode.


Mais ils ne reposent pas sur les mêmes responsabilités ni sur les mêmes conditions économiques.


Le véritable coût de la création


La mode n’est donc pas seulement une histoire de talent créatif.


C’est aussi une question de point de départ.


Lorsqu’on regarde une marque devenue visible, on voit souvent le résultat : les collections, les campagnes, les boutiques, les défilés et l’image.


On voit beaucoup moins les années nécessaires pour construire les codes qui rendent cette marque reconnaissable.


Pour un créateur indépendant, cette construction fait partie intégrante du travail.


Il ne crée pas seulement des vêtements.


Il doit souvent créer le langage qui permettra à ses vêtements d’exister comme une marque.


Et lorsqu’on compare différentes carrières dans la mode, il faut donc regarder non seulement qui crée aujourd’hui, mais aussi ce qui existait déjà avant que cette personne arrive.


Parce qu’avant de pouvoir exploiter un territoire créatif, quelqu’un a parfois dû commencer par le construire.


La page blanche, elle aussi, a un prix.

 

Journal BOLD'AS Blog Ed//10.vf

Amicalement SOFIA 

Concept Creator Elysse 

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